Pour quelques dollars de plus

 

Comme nous vous l’avions annoncé dans le précédent post, nous nous sommes mis au boulot. C’est pas qu’on en avait marre de vadrouiller en Tasmanie mais comme on dit “l’argent ça va, ça vient”. Et là il devenait intéressant d’en faire venir un peu. Non pas que nous étions à sec mais on préférait en avoir un peu de côté d’autant que la saison des cerises commençait en Tasmanie, et que nous avons été très rapidement contactés dans la région d’Huonville (un peu au sud d’Hobart, donc) pour un job de trieur.

La première chose à noter lorsque nous avons commencé cet épisode de dur labeur, c’est que ça caille sérieusement ici en ce moment ! Nous n’avons en effet quasiment pas quitté notre bonnet de la semaine (même au travail), et il a même neigé dans les montagne environnantes aux dire de collègues suédois parti en rando sur le Harz Peak voisin que nous avions fait quelques jours avant en T-Shirt. Nous avions presque oublié qu’ici on est en plein été (équivalent Juillet), et nous ne regrettons pas l’achat de nos vestes polaires avant de débarquer en Tasmanie. Déjà que le travail dans les cerises gelées n’est pas facile on aurait bien aimer pouvoir se réchauffer le soir ou le matin au soleil. Malheureusement le vent glacial et la pluie a rendu la chose impossible durant 10 jours (les températures ne sont pas montées au dessus de 15 le jours et pas au dessus de 5 la nuit). Mais dorénavant tout est redevenu normal pour un été austral.
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Inutile de dire que dans ces conditions nous avons recherché les abris dans la régions, mais malheureusement si la région semble prête à faire travailler tous les backpackers du monde (qui sont généralement moins faignants que les australiens locaux) dans ses vergers, elle n’est pas prête à les accueillir même pour un loyer modéré. Il n’y a en effet aucun camping à moins de 30 km de montagne et aucune aire de camping gratuite. Minimum 10$ la nuit pour juste un barbecue, des toilettes et un robinet. Le patron du camping étant en plus un gros c… nous avons décidé de ne plus lui donner un centime et, nous avons donc opté pour la solution “bandit camp” sur des aires où le camping n’est pas explicitement interdit. Pratique, la nôtre est juste en face du travail au bord de l’estuaire de la Huon River, nous faisons le plein d’eau de temps à autre à la ville voisine et prenons nos douches à la piscine d’Huonville à 20 km 2 fois par semaines où les gens sont visiblement coutumiers du fait.
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Météo exécrable, abris précaires et travail difficile rendent les conditions favorables à de sympathiques rencontres. Cette semaine a donc était riche en rencontres diverses. Il y a d’abords eu ce couple franco-colombien cueillant les cerises que nous trions, qui n’avait alors travaillé que 4 jours sur les 15 derniers jours à cause de la météo et qui était visiblement blasé de l’exploitation des backpacker par le monde agricole australien. Puis Angelo un italien voyageant seul Tasmanie dans un super van de 30 ans cherchant un abri quotidien et un barbecue sur sa route pour ses 4 côtes d’agneau quotidiennes. IMGP0290Vincent et Mathieu 2 normands travaillants avec nous et venus voyager à l’économie en Tasmanie à bord de leur Maurice (oui oui, eux aussi leur van s’appelle Maurice et c’est le même modèle que le notre ou presque) avant de poursuivre leur route chacun de leur côté une fois de retour à Melbourne. James un Tasmanien de 19 ans étudiant à Canberra et venu faire un peu d’argent de poche pendant ses vacances d’été. Un vieux papy australien un peu fou parlant approximativement le français et ayant déjà remonté la Vilaine jusque Rennes avec son bateau. Mais aussi d’autres rencontres plus brèves autour d’un barbecue ou dans la taverne du coin près du feu de cheminée, telles qu’un anglais chevelu voyageant avec sa guitare 12 cordes, un couple de québécois adepte du tricot et qui disent “bon matin !” au réveil. Nous n’avons en revanche pas vraiment pu faire connaissance avec les nombreux asiatiques travaillant avec nous (près de 90%) pour la simple raison qu’ils formaient des groupes massifs assez impénétrables et parlant approximativement l’anglais…  Bref une semaine riche en rencontres de gens à peu près  tous dans la même situation que nous, c’est à dire travaillant pour se faire un peu d’argent de poche et cherchant un abri pour la nuit dans une région qui n’en a pas beaucoup à proposer.
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Les conditions de travail sont donc ici difficiles lorsque la météo n’est pas au rendez-vous et nous sommes aussi un peu amer envers les australiens de cette région qui sont biens contents de trouver autant d’étrangers pour s’occuper de leurs fruits, mais qui n’aménagent rien du tout pour les accueillir même de façon rudimentaire avec juste des toilettes et une douche chaude. A noter que si on ne trouve pas de douche chaude dans le secteur, on trouve en revanche un barbecue tous les 5 km sur la route… Certains australiens locaux n’hésitent pas à non plus se plaindre qu’ils sont envahis par les étrangers venu leur piquer le boulot. Par exemple,  en voulant briser la glace avec un australien pris en sandwich sur une table de travail monopolisée par 4 français, en lui demandant si ce n’était pas trop dur pour lui d’être au milieu de tant de français, il me répondis un sympathique “Fuck you, bloody frenchies.”… Nous n’avons jamais su si c’était le subtil humour australien ou si c’était bien sincère. Effectivement comme beaucoup de ses compatriotes il a fini par se faire virer car il n’en foutait pas une. C’est d’ailleurs une spécialité australienne de se faire virer et ici quand on vous vire, vous ne finissez même pas votre journée et vous êtes juste prié de ne pas vous représenter le lendemain. Et c’est aussi une spécialité de ne rien glander au boulot quand on est australien, les plus lents sont souvent des locaux (et les plus rapides rarement les asiatiques…). Bref une expérience intéressante dans le monde un peu roots des saisonniers mais on est quand même content de quitter la région d’autant que le travail de tri sur la ligne est très fatiguant à raison de 8h 6 jours par semaine, le tout debout. C’est long, très long, et l’on apprécie d’autant plus les jours de break.
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Après quelques semaines peu productives touristiquement parlant, nous avons maintenant hâte de reprendre la route et finir notre visite de la Tasmanie avant de reprendre le ferry pour Melbourne le 5 février prochain et commencer la 3ème étape de ce voyage, les poches remplies de quelques dollars de plus…

Le saviez-vous ?
Les cerises de Tasmanie 1ère catégorie que nous trions ne sont pas destinées à la vente locale, mais importées en Asie et plus particulièrement au Japon. En effet là-bas les cerises de Tasmanie sont considérées comme un produit de luxe et peuvent être vendues jusqu’à 100 dollars le kilo ! Oui oui, vous avez IMGP0312bien lu. S’agissant d’une mauvaise saison pour les cerises Tasmanes cette année il y a fort à parier que les prix vont flamber. Rapporté à la cerise (les plus grosses font 20 grammes) ça fait tout de même 2 dollars la cerise… Alors autant vous dire que sur les tapis de tri on ne se prive pas pour en goûter une de temps en temps. Ils sont fous ces japonais.

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. luisito06
    Jan 21, 2012 @ 03:56:33

    Salut les Manouches! Ok, la Tasmanie ça a l’air magnifique mais ça fait pas rêver dis donc. Fallait rester sur le continent. En ce moment il fait plus de 35 tous les jours, c’est extrème aussi ceci dit pour ceux qui bossent à l’extérieur.

    Mais oui, je suis d’accord avec vous, on peut pas dire qu’on accueille tous les les backpackers du monde pour les faire bosser sans offrir un coin de pelouse pour poser le van. Et c’est pas l’espace qui manque en Tasmanie.

    Et finalement la réaction de votre local, n’est pas si éloigné du Français de base (votant bien à droite si vous voyez de qui je veux parler). Et puis, vu le taux de chômage minuscule (moins de 5%) australien, faut pas déconner, si ya des backpackers c’est parce qu’il y a bcp de travail!

    Ca vous fera de bons souvenirs!

    Réponse

  2. tomtom
    Jan 25, 2012 @ 08:27:19

    Bon matin les amis ! (il est 9h20 ici)
    et ben pas facile les jobs saisonniers visiblement… ça vous fait voir un autre côté du pays, moins touristique pour le coup
    allez, en route pour de nouveaux paysages, profitez-en on vous envie 😉

    Réponse

  3. Tonio
    Jan 29, 2012 @ 12:40:36

    Salut, toujours la forme?!
    En voyant que tu lisais le journal, je me disais que ca avait l’air louche…
    En voyant le premiere page je comprend.
    J’y penserai quand j’acheterai des cerises au Japon. Je te dirai combien ca coute la bas! 😉

    Quand est ce que vous repartez sur le continent ?
    ++

    Antoine

    Réponse

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