De backpackers des champs à backpackers des villes

 

Et voila le voyage est terminé, du moins pour sa partie nomade. Car la sédentarisation a déjà commencé. Nous avons trouvé une collocation sympa avec Matthew, ingénieur surfeur à la cool qui nous loue une partie de son appartement à l’étage d’une maison tranquille. La vie en appartement a donc repris, nous ne manquons d’ailleurs pas de faire sourire notre colocataire lorsque nous redécouvrons les joies de la vie sous un toit.
Par exemple:
– Quand on a une envie la nuit, on est pas obligé de s’habiller, mettre ses tongues et sortir la lampe frontale.
– Quand il fait nuit, la vie continue. On n’est plus obligé de regarder la montre pour savoir qu’il va falloir manger rapidement et faire la vaisselle.
– Quand il pleut, on s’en fout.
– Quand on a faim, on n’est pas obligé de déplacer 3 tonnes de matériel dans le van pour atteindre le paquet de cacahuètes. Il suffit d’aller le chercher dans le placard.
– Quand on a envie de se laver, on peut aller se prendre une douche seul, sans avoir besoin de sortir les bassines, la douche solaire, le maillot de bain, etc.
– On est pas obligé de toujours ranger chaque petite chose à sa petite place pour être sur de la retrouver.
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Bref la vie en appart c’est finalement assez cool. Mais nous n’avons pas non plus le temps de glandouiller dans un canapé, ni même de se balader tranquillement dans la ville, la priorité est de vendre Maurice, de préférence avant mon départ. On fera donc la tournée des auberges de jeunesse de Brisbane pour poster nos annonces, de même que les forums et sites d’annonces internet. Bref beaucoup de marche et de boulot.
Il faut également préparer le week end qui arrive. Olivier un backpacker des villes installé dans un premier temps à Perth à nos débuts et depuis un mois à Sydney vient nous rendre visite. Le bougre souhaitant se faire une virée dans l’Australie sauvage nous lui proposons une virée sur North Stradbrooke Island, au large de Brisbane. Matthew, nous conseille sur cette île un endroit qui semble magique. Let’s go !

A notre arrivée sur l’île et à l’endroit indiqué, personne. Le gérant des chalets est absent, qu’à cela ne tienne on se fait inviter par les voisins Neo-Zélandais à prendre l’apéro pour patienter. Puis le boss arrive… un baba cool resté coincé dans les sixties et toujours un peu enfumé, nous indique nos chalets à l’indonésienne, puis la piscine, la vue sur la plage… amazing ! On est au paradis, Delphine a également reçu la confirmation du labo pour son boulot ! Tout le monde à quelque chose à fête ! Youhou ! On fait sauter le bouchon en se baignant dans la piscine. Le bonheur. Et dire qu’on va passer 3 nuits ici. Bref autant dire que le week-end a été dédié aux retrouvailles, à la détente sur la plage, aux balades photos tranquilles, et aussi à la découverte (il jamais trop tard) des musts de la “gastronomie australienne”: la Vegemite et les Tim Tam. Et franchement… j’aurai pu m’en passer.
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Après ce week end paradisiaque, retour à la réalité, il me reste une semaine en Australie. Il faut vendre Maurice rapidement, on baisse donc un peu son prix d’appel puis on refera une tournée des auberges de jeunesses. Bref, une journée de marche où nous profiterons encore une fois très peu de la ville. Nous aurons cependant le tempsdelphine de le faire pour le dernier jour de vacances de Delphine à la fois enthousiaste et angoissée à l’idée de reprendre le travail. “Est ce que je vais toujours savoir sculpter ?” Au passage cette première journée de boulot s’est super bien passée pour Delphine qui vous racontera surement tout ça dans un prochain post.

Delphine travaillant encore le lendemain je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire de ma journée, et puis sans prévenir Matthew me propose gentiment de me lever à 6h du matin pour aller surfer la matinée avec lui à 1h de route de Brisbane. Les vagues promettent d’être superbes, “So… why not mate !?”. Et nous voila donc parti à la fraiche pour aller gouter les vagues du Pacifique. IMGP3921Bon pour ma part je tiens encore très difficilement debout sur une planche, et vu la taille des vagues je me suis contenté des mousses les plus “puissantes” pour retrouver quelques sensations. Au final j’ai passé plus de temps à lutter contre le courant que debout sur la planche. Quant à Matthew il aura surfer en tout et pour tout 2 vagues pendant 30 secondes durant la session qui aura durée un peu plus d’une heure 30. Mais à la sortie de l’eau son sourire en dit long “It was f…ing great man !”. C’est ça le surf, on se bloque une demi journée pour 1 minute de pur bonheur Smile.

Et voilà ces 2 semaines à Brisbane seront pour moi les dernières en Australie, et le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai pas spécialement envie de rentrer en France. J’aurai bien poursuivi l’aventure quelques mois de plus à Brisbane dans un vrai job qualifié comme Delphine, pour mieux repartir ensuite sur la route et finir la grande boucle. Ce sera maintenant pour un autre voyage ou dans une autre vie car il reste tellement de choses à voir en Australie : l’outback du Queensland, Alice Springs, Uluru, Kings Canyon, Darwin et les parcs nationaux du nord, puis la côte nord ouest sans oublier l’outback du South Australia… La liste est longue et 6 mois supplémentaires ne suffiraient toujours pas. C’est donc avec un certain pincement au cœur que je laisse Delphine dans cet endroit. 2 mariages m’attendent en Europe, je me réjouis tout de même à l’idée de retrouver bientôt la famille, les amis, et le camembert.
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Le voyage en Australie est terminé donc pour moi, mais nous continuerons cependant de poster régulièrement sur ce blog.  Premièrement pour vous donner des nouvelles de Delphine à Brisbane, deuxièmement pour vous donner des conseils et des bons plans, et troisièmement parce qu’il y a encore des tonnes de photos non triées restées dans les cartons, et que finalement c’est tout ce qui vous intéresse (si si je le sais).IMGP4153


IMGP3663Le saviez-vous ? On voit des geckos absolument partout dans le Queensland, ces petits animaux se baladent gentiment dans les maisons en gobant tout ce qui passe à leur portée. Mais saviez-vous qu’il y a 15 ans de cela les australiens n’avait jamais vu un gecko sur leur sol !? L’animal n’est en fait apparu en Australie que très récemment. L’espèce n’a donc pas de prédateurs et pullule littéralement. Ces animaux se nourrissant principalement de moustiques, les australiens sont pour une fois très heureux de cette arrivée clandestine sur leur territoire.

Pour les nuls en géo

 

Et voila, le trajet est terminé, la carte est donc dans sa version définitive. On aura parcouru l’Australie de son extrême ouest à son extrême est en passant par son extrême sud. Ce qui représente un total de 20000 km en un peu moins de 6 mois de road trip réel. Si ça ne vous parle pas trop imaginez que l’Australie est 14 fois plus grande que la France. Alors comme on dit ici : It’s a big country maaaan !

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En rouge le mois d’Octobre.
En bleu le mois de Novembre.
En rose le mois de
Décembre.
En
vert le mois de Janvier. On voit pas très bien mais tout est en Tasmanie.
En
orange le mois de Février.
En turquoise
le mois de Mars. On voit qu’on commençait à fatiguer.

Destination finale

 

Bon, c’est pas tout ça mais il reste maintenant 15 jours de voyages, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est un peu perdu. Nous sommes premièrement plutôt déçu de cette côte est de l’Australie. On est donc tenté d’aller vers l’Outback et sa terre rouge en passant par Cania Gorge et les majestueuses Carnarvon Gorge, le problème est que c’est quand même assez loin et on est un peu fatigué de rouler comme ça depuis octobre. Au nord il y a aussi cette île, Great Keppel Island, dans le sud de la grande barrière de corail. Pas trop loin de là où on est, pas trop loin des côtes, donc a priori pas trop chère et étrangement préservée du tourisme, tout ça d’après le Lonely Planet. Tout est relatif, car après quelques recherches, on se dit que ça nous couterait sans doute moins cher d’aller se faire un week-end à Bali. Donc voila on est un peu perplexes et surtout fatigués, et après une bonne nuit de repos nous décidons de couper la poire en 2, nous n’irons pas jusqu’aux portes de l’outback à Carnarvon Gorge qui nous tentaient pourtant bien, mais juste à Cania Gorge, puis nous reviendrons tranquillement par les endroits de la côte que nous avons raté suite aux intempéries. Adieu donc outback et/ou grande barrière de corail, nous le regretterons peut-être mais il faut bien faire un choix.

”Cania Gorge ? C’est quoi ça ?”
– Apparemment c’est un parc national avec de jolies balades et de beaux paysages, il y a même des peintures rupestres aborigènes, comme à Carnarvon mais en moins grandiose, mais c’est quand même beaucoup plus proche. Enfin c’est ce que j’ai vu dans l’atlas. Regarde.
– Montre voir… Ah oui quand même et bah allez, on the road again Maurice !
– Vrouuum ! (en réalité ça fait plutôt “Teuf Teuf”, un peu comme une tondeuse à gazon…).
Nous voilà donc en route vers Cania Gorge National Park, on sort donc une nouvelle fois de cette côte et de son business à touristes. Et effectivement rapidement on sent qu’il n’y a pas beaucoup de touristes dans le coin, on n’est pas dans l’outback mais il n’y a déjà plus grand chose à part des champs gigantesques, des fermes et des vaches. Ca nous rappelle les grands espaces du Western Australia, qui avouons le, nous manquaient un peu. On est donc regonflés à bloc et les premiers paysages que nous apercevons des gorges nous réconfortent encore un peu plus. On établi notre programme de “marches” et nous nous lançons dans la première du jour, une marche prévue pour 3h juste pour se remettre en jambes. Nous la finirons en 1h30 sans forcer et un peu étonné. Soit. C’était sympa mais rien d’extraordinaire.
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Le lendemain on enchaine sur une autre rando  annoncée pour 3h également. Idem 1h30 après nous voilà de retour au parking, il reste donc des petites balades annoncées pour 20 minutes  à faire et nous aurons parcouru tous les chemins du parc national. Il ne nous manquera que le “track” de 11 km de long (aller) et qui a juste pour intérêt de traverser le parc dans sa plus grande longueur et qu’il aurait fallu commencer à 4h du matin pour ne pas tomber d’un coup de chaleur. On restera donc finalement faire la sieste avec de jolis oiseaux à l’ombre d’un arbre près d’un lac. Nous finirons la journée par un tout petit walk nommé IMGP2913“The Big Foot” (le grand pied), qui vous emmène à un point de vue sur un rocher taché d’une géante empreinte de pas  à 4 orteils. Un truc de fou ! Enfin je vous laisse seuls juges, je crois qu’on devine relativement bien l’empreinte… Donc voilà, on reprendra Maurice une fois de plus un peu déçu mais bien reposés. La route qui nous ramène à la côte est reste par contre plus intéressante et nous fait sentir la présence de l’outback tout proche avec sa terre rouge et ses arbres typique du nord de l’Australie.
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Notre décision était de toute façon prise, et la raison reprenant le dessus, nous retournons donc à la côte. A Agnès Water plus exactement, une bourgade de bord de mer plutôt touristique mais très calme hors période scolaire. Nous resterons 2 jours à ne quasiment rien faire d’autre qu’observer les perroquets dans les arbres, faire la sieste et se baigner en faisant attention à l’animal le plus dangereux d’Australie, les méduses boîtes ou “marine stingers”, IMGP2962encore présentes sur toute la côte du Queensland à cette période. On s’aperçoit alors que les australiens pensent que Google fait des traductions pointues, puisqu’ils sont fiers de nous annoncer que leurs méduses sont des cadeaux (voir photo du panneau “warning” c’est hilarant). Peut-être s’agissait-il d’une stratégie pour se débarrasser de ces envahissant français. Bref le repos ça fatigue et la météo qui s’annonce pour notre retour sur la sunshine coast s’annonce une nouvelle fois très humide. “Possible showers” (ce qui veut dire “averses possibles”) peut on lire sur les prévisions. En gros il faut savoir qu’on a lu ça tous les jours depuis quelques semaines, ça veut donc tout et rien dire…

On prend alors la direction de Hervey Bay, un des points de départ pour la fameuse Fraser Island, une île à ne rater sous aucun prétexte pour tout backpacker qui se respecte, apparemment. Vu les prix pratiqués pour une escapade en 4×4 à la journée et la météo, on se dit qu’on a autre chose à faire de notre argent que d’aller faire vroom vroom avec un 4×4 sur des plages gigantesques. On passera donc une paire de jours à nous abriter de ces pluies tropicales dans une auberge de jeunesse proposant des emplacements de camping pas cher (mais vraiment pas cher), à côté de la piscine, du bar et de ses canapés confortables comme on en avait pas vu depuis longtemps. Et ça fait du bien d’en revoir.
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Ensuite direction Rainbow Beach, à ne pas manquer aussi apparemment. C’est un autre point de départ pour aller faire du 4×4 sur les plages de Fraser Island et du Great Sandy National Park. Oui, les Australiens ne marchent pas sur les plages, ils y roulent à 80 km/h. Il y a même des panneaux de circulation et nous, cons de français, on marche et on ne se sent pas bien rassurés. Bref on ne partage pas trop cette passion. Mais apparemment, les voyageurs européens, eux aussi adorent et dépensent des sommes folles pour faire du 4×4 sur les plages australiennes. Le plus drôle c’est que les organismes qui vous emmènent parfois en avion sur l’île pour y faire du 4×4 sont certifiés par des labels “eco-tourisme”…  Entre 2 averses nous arriverons tout de même à visiter ce que l’on veut et notamment le Carlo Sand Blow, une impressionnante dune de sable avec vue sur la grande Rainbow Beach qui doit son nom aux falaises multicolores qui la bordent et non aux arc-en-ciel des averses. Ca faisait longtemps qu’on avait pas vu quelque chose d’aussi époustouflant. On aime.
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Lendemain, encore une journée annoncée pour “possible showers”… Notre programme était de passer 2 nuits en camping d’une auberge de jeunesse à Teewantin au bord d’un lac, faire des randos, du kayak, bref un programme sympa. Le temps de prendre le petit déjeuner au soleil, au sec sous les cocotiers et la pluie arrive pour ne plus nous quitter de la journée. On tente quand même l’auberge de jeunesse, à un kilomètre du but la route est alors non goudronnée et les pluies de ces dernières semaines l’on rendu impraticable… Demi tour, direction Maroochy, on traverse donc une nouvelle fois la sunshine coast sans voir le moindre coin de ciel bleu… Les locaux nous disent que c’est exceptionnel, bon faut pas nous prendre pour des pigeons, ils n’ont pas installés les panneaux “routes inondables” tous les 2 km en 15 jours. D’ailleurs des non australiens vivants ici depuis longtemps nous dirons que c’est tout à fait normal pour la saison ici, et c’est bien ce qu’on pensait. Bref Maroochy on n’aime pas trop du coup. On s’installe donc dans un camping excessivement cher (le moins cher de la ville quand même) juste pour s’abriter et pas se laisser abattre comme ça.
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Et voilà on a donc repris la route une dernière fois pour rejoindre Brisbane avec une journée d’avance. Après un petit détour par Maleny (une petite ville sympa avec vue sur les Glass House Mountains, on en a parlé dans le précédent post) puis Bribie Island (une fausse île puisque reliée par un pont au continent), nous retrouvons Matthew qui nous accueille dans son appartement de Brisbane en tant que colocataires. Voila une page se tourne donc, nous allons retrouver une vie de sédentaire dont nous parlerons dans un prochain post.
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Le saviez-vous ?
Les australiens sont des gros nuls pour la bouffe. Bon ok vous me direz ça ne surprend personne. On pensait quand même, en arrivant dans un état tropical comme le Queensland, trouver plus facilement et à un meilleur prix des fruits exotiques comme les mangues, les litchis, les avocats… et s’en mettre plein la panse. Que neni ! On n’ en trouve pas tant que ça et c’est souvent hors de prix. A la place, on trouve plus facilement des pommes, des poires, et des patates bien de chez nous… Surprenant. En fait on a l’impression que les tarifs répondent à une logique bizarre du “plus c’est local et de saison et plus c’est cher”.

Maurice sauvé des eaux

 

“Bon bah Brisbane, on va revenir y passer 2 semaines ensembles c’est pas trop la peine de s’éterniser, hein ?
– Ouep de toute façon j’ai besoin de retourner dans le sauvage là. La ville attendra. Remet ta tenue de backpackeuse et monte dans Maurice. On reprend la route. J’ai repéré dans l’atlas des petites montagnes bizarres un peu au nord. Ca s’appelle Glass House Mountains. Ca devrait te plaire.
– OK ça roule !”
Voilà à peu près comment nous nous sommes retrouvé là, un peu par hasard en feuillant notre atlas de l’Australie qui a déjà fait 2 fois le tour du pays avec Maurice. Depuis que nous sommes revenus de Tasmanie c’est un peu comme ça qu’on visite. On roule le long de la côte vers le nord, mais on n’ y trouve pas beaucoup de points de chutes intéressants. Que des plages de surfeurs, qui ne plaisent pas trop à Delphine car elle n’apprécie pas vraiment de se faire retourner comme une crêpe à chaque vague. Alors on y va pour se rafraichir de temps à autre en espérant trouver un bon spot et entre les 2 on rentre un peu dans les terres pour se faire quelques balades loin des touristes.

Et le passage par les Glass House Mountains fait parti de ces détours qu’on affectionne. Paysages inhabituels, marches de 3-4h en moyenne, villages baba-cool sympathiques comme Maleny, et pas trop de touristes. Cependant nous ne tenterons pas l’ascension d’un de ces monts en raison de la température élevée dès le matin et l’exposition du chemin en plein soleil toute la journée. Par ailleurs le chemin est réputé pour être dangereux, on a donc pas trop envie d’aller rejoindre l’hôpital de Brisbane en hélico. 
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Ce parc national était donc certainement plus intéressant que la Sunshine Coast qui se termine à Noosa et qui n’avait ces jours là de “sunshine” que le nom. Un petit bain seuls sur la plage et sous la pluie et nous reprenons la route vers la ville voisine. Direction Tiaro, sous la pluie qui tombe de manière assez inquiétante depuis 13h. On se cale sous l’abri d’une aire de camping gratuite, près d’une rivière boueuse qui ne m’inspire pas trop… Comme un pressentiment, mais je dis : “d’ici à ce que ça monte jusque là, on a de la marge”, la rivière étant au moins 3 mètres en contrebas. La nuit tombe, la pluie également et de plus en plus fort. 20h il fait nuit depuis 1 heure, nos 2 autres voisins de camping sont rentrés dans leurs véhicules, nous faisons de même et tentons de trouver le sommeil (Maurice est très bruyant sous la pluie). 2 heure du matin, je me réveille pour une envie pressante, il pleut de plus en plus. J’enfile le maillot de bain, et sort par obligation prendre une douche. Je constate à ce moment qu’un torrent d’un mètre de large et de 20 cm de profondeur coule le long de Maurice. Je bouge donc Maurice de quelques mètres sur le côté, en me disant “ça va se calmer maintenant”. 5 heure du matin, ça ne s’est toujours pas calmé, bien au contraire, je regarde à la lueur du jour qui se lève et le niveau de la rivière… Elle n’est plus qu’un mètre en contrebas ! Je regarde le torrent, il est de nouveau à côté de Maurice. “Delphine, ça craint sérieusement du boudin maintenant ! Enfile ton maillot on se casse de là !” Après une douche, une traversée de torrent pour récupérer le réchaud resté sous l’abri, deux tongues perdues et quelques contorsions dans Maurice, nous démarrons et faisons route ou plutôt naviguons vers la ville à 2 km d’ici. Au passage nous constatons que nos voisins se préparent eux aussi à plier bagages, on aura au moins pas besoin de les réveiller. Après 2 km sans visibilité et sous des trombes d’eau nous nous arrêtons sous l’abri d’une station service, nous sommes au pire de la tempête, il n’y a plus d’électricité dans la ville. Toutes les voitures de passage s’arrêtent, nos voisins de camping nous rejoignent, les routes sont apparemment toutes bloquées… on a bien fait de partir. La pluie se calme vers 11h, on peut sortir, retirer le maillot de bain et mettre des vêtements secs.
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S’en suit une journée assez ennuyeuse où tout le monde fait sécher, finit sa nuit, prend une bière au pub du coin et constate les dégâts en attendant que les routes soient ouvertes. Une bonne journée pour le patron du pub apparemment. En fin de journée les routes sont de nouveaux ouvertes, la ville redevient déserte, nous resterons la nuit avant de repartir. Le lendemain sur la route nous repassons par l’aire de camping que nous avions fuit la veille. L’emplacement de Maurice est sous l’eau, celui de nos voisins encore pire et pourtant la pluie a cessée depuis 24h maintenant et le niveau de la rivière a déjà commencé à baisser. On réalise à ce moment qu’on n’ est passé pas loin de la catastrophe. On se dit que l’histoire aurait tout à fait pu se terminer avec un Maurice submergé, et 2 petits frenchies en maillot de bain sur le toit levant les bras pour se faire hélitreuillé en direct pour le journal de 13 h australien. Pour info il y a tout de même eu plus de 300 mm d’eau en 12h, nous étions au pire endroit de la tempête et plusieurs voitures ont été emportées par les flots sur les routes faisant 2 morts au petit matin…
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Bon allez on se remet de nos émotions et pour cela rien de tel qu’un bon petit verre d’alcool. Ca tombe bien nous sommes à quelques encablures de Bundaberg, ville mondialement connue (d’un point de vue australien) pour sa distillerie de rhum du même nom. Ca ne vous dit rien ? Vous saurez pourquoi en lisant la magnifique et toujours aussi désopilante rubrique “Le saviez-vous ?” de ce post.
La visite n’est en soit pas forcément passionnante quant à la fabrication du breuvage en question. Elle est par contre beaucoup instructive sur le plan “façon de penser à l’australienne”.
Pour commencer le rhum n’est pas un rhum agricole comme celui qu’on affectionne en France, il est fait à partir de la mélasse de canne à sucre et non du jus de canne à sucre. Ensuite le guide nous présente toute l’usine et le procédé de fabrication jusqu’au hangar de vieillissement. Et là, les choses s’éclaircissent pour nous. Le “rhum” est gardé 2 ans en tonneau de bois qu’ils font venir tout spécialement des états-unis, pour le goût unique aux subtiles nuances de Vegemite*… Jusque là rien d’extraordinaire. Le problème de la distillerie c’est que 2 ans c’est long et ça coûte cher pour la distillerie. En effet, en Australie les producteurs d’alcool payent des taxes sur la production d’alcool et non sur les bouteilles vendues. Ce qui avec l’évaporation, ou “part des anges”, est assez facheux pour le producteur. Qu’à cela ne tienne Bundaberg a l’honneur et le privilège de nous annoncer en avant première qu’ils viennent tout juste d’inventer un procédé chimique leur permettant de retrouver en 4 jours seulement, le même goût qu’avec 2 ans de tonneau. Et donc de faire 4 millions de dollars d’économie de taxes par an. Le guide étale alors tous les chiffres de bénéfice de la compagnie. Tous les visiteurs australiens applaudissent…  Nous, nous sommes un peu surpris d’être aussi fier de ça, mais c’est ça l’Australie, on est fier d’afficher ses bénéfices peu importe la méthode.
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Bon voila le “rhum” ça c’est fait, place maintenant à la 2ème attraction de Bundaberg, les tortues marines. Près de Bargara, une plage du nom de “Mon Repos” est réputée pour ses tortues qui viennent pondre à partir de Novembre et les petits qui rejoignent la mer en Mars. Houra ! Pour une fois on est au bon endroit au bon moment (on a raté les baleines tout au long de notre voyage au passage), on se dit c’est notre chance. La lune est pleine on aura même pas besoin de nos lampes pour les voir galoper vers la mer. On fait donc un peu de route de nuit, on arrive à la plage et là on se dit… non, j’y crois pas. La plage est fermée par des barricades d’octobre à avril entre 6h du soir et 6h du matin pour “protéger les tortues”… Mais si vous payez 10 $ à la boutique à touristes (pardon c’est un centre d’information des visiteurs) ouverte toute la nuit, pas de soucis on vous ouvrira les portes. L’environnement à l’australienne. Comme on refuse de rentrer dans ce genre de logique on cherchera à rentrer sans payer ce qu’on peut faire sans difficulté en ne suivant pas les panneaux indicateurs du parking à touriste. On se retrouve alors sur la même plage un peu plus loin, sauf qu’on a pas le droit d’y être. Delphine ne souhaitant pas jouer les “hors la loi” de l’environnement plus que ça, nous rentrerons rapidement au campement, un peu déçu par ces méthodes. Nous apprendrons d’ailleurs le lendemain que la plupart des gens qui payent pour aller voir les tortues n’en voient que très rarement voir pas du tout, même sous l’escorte d’un guide touristique (pardon il s’agit d’un ranger). Donc comme on a pas de photos de bébés tortues à vous mettre on vous fait l’interlude animalier “trop mignon” avec ces gentils petits perroquets ou perruches on ne sait pas trop.
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Après une journée de repos à se décider sur ce que nous allions faire de nos 15 derniers jours de vadrouille avec Maurice, nous partons donc vers l’intérieur des terres vers Cania Gorge National Park qui nous promet quelques belles balades et du repos car on commence à fatiguer. On vous racontera tout ça dans un prochain post car on en entend déjà certains qui râle qu’il y a trop à lire dans ce blog. A bientôt donc.


Le saviez-vous ?

IMGP285496% du “rhum” de la distillerie Bundaberg est consommé sur place, en Australie, 3% partent en Nouvelle-Zélande et le 1% restant est destiné au reste du monde. Autrement dit on est pas près de trouver une bouteille de “rhum” Bundaberg au  Super U de Rennes. Et c’est tant mieux ! Car j’ai réussi à gouter pures (ce qui ne fut pas forcément facile), 4 versions différentes de ce breuvage, et pas une n’arrive à la hauteur d’un rhum “non agricole” plutôt moyen de type Havana Club… C’est dire le niveau. Ah oui une dernière chose, la couleur “rhum vieux” du “rhum” Bundaberg ne lui vient pas du bois de chêne américain, mais d’un colorant chimique “caramel”. Ca donne envie, de boire autre chose.

 


(*) La Vegemite est produit totalement chimique et typiquement australien que notre ami Olivier décrit très bien dans un des posts de son blog. J’espère d’ailleurs qu’il nous en fera goûter d’ici peu, car personnellement nous n’avons pas tenté l’expérience sans guide.
Je cite donc Olivier : “La Vegemite (prononcez: VidjimAÏÏÏTe): sorte de pate à tartinée fabriquée à base de levure de bière. Ils en sont accroc, fans… C’est méga fort, salé et ça pue. Mais finalement quand on le mange de la bonne façon, on devient vite accroc aussi. (rien que d’en parler, j’ai envie là!). Il faut prendre une tartine, étaler une fine couche de beurre puis une micro-fine couche de vegemite. Beautiful!
http://sakadoz.wordpress.com/2011/12/10/de-backpackers-en-van-puis-en-maison/